De l'origine de mon nom de scène

June 22, 2016

J'aimerais consacrer mon premier article à une question que tout le monde se pose à savoir [roulement de tambours] : "mais pourquoi Ask'Em ? Ça vient de 'ask them' ?"

Eh bien, vous avez beau être les plus perspicaces dans la vie de tous les jours (oui, je vous flatte gratuitement pour m'attirer votre bienveillance), je suis bien obligé de vous répondre que non, ça n'a rien à voir.

BIM ! Fin de l'article. Merci. Au revoir. *Mic drops*.

 

Hum hum.

Plus sérieusement, pour comprendre le choix de ce nom de scène, il faut remonter à l'époque où je commençais à vivre ma passion pour le graffiti.

Je devais avoir 15 ans environ et j'étais complètement bouche bée au point que ma mâchoire tutoyais le sol à chaque fois que mon regard s'arrêtait sur les œuvres d'artistes tels que Katre, Sweo, Des3, les DKPEZ ou Jace et ses fameux gouzous qui m'ont tant inspirés.

 

J'ai graffé également. Beaucoup. Et comme j'ai tendance à plonger dans mes passions à pieds joints, plus rien n'avait d'importance. M'enfermer dans ma chambre à faire des sketches jusqu'à ce que la fatigue me terrasse était devenu ma routine.

C'est de ta faute, Clément, si je suis tombé amoureux de cette discipline. C'est aussi de ta faute si j'ai failli rater mon année de 3e. Inconscient, je n'avais d'yeux que pour les murs peints, le talent de tous ces artistes anonymes dont le nom s'affiche pourtant outrageusement dans toutes les rues. C'est de ta faute mais en même temps, qu'est-ce qu'on était épanouis là-dedans ! C'était comme un refuge artistique tenu par un alphabet chargé de la décoration et de l'agencement des pièces. C'était tellement bien !

 

J'avais alors plusieurs alias (indécision quand tu nous tiens) et l'un d'entre eux était : "Meskain".

C'est ce moment que je choisis pour expliquer que lorsqu'un graffeur choisit un nom, il n'est pas uniquement motivé par la signification du mot en question mais aussi par les lettres qui le forment et l'impact qu'il revêt.

Dans "Meskain", par exemple, chacune des consonnes est intéressante à traiter et dès lors qu'on le prononce, il se passe quelque chose.

Pour un graffeur, s'appeler "Meskain" était une bien meilleure alternative que... mhm... "Pétunia", par exemple. Enfin bon, tout est affaire de subjectivité.

 

Quelques centaines (de milliers ?) de feutres sacrifiés plus tard, je quittais ma Réunion natale (le 16 août 2005) pour la grisonnante banlieue parisienne et c'est là que j'ai "découvert" le rap (au point que ma mâchoire tutoyais le sol à l'évocation d'artistes tels que Diam's, Kery James, Lino, Sniper, Disiz etc. Mais j'y reviendrai dans un autre article).

J'ai donc découvert le rap et,

comme je savais pertinemment que je risquais de me lasser

d'un nom de scène choisi par mes soins, j'ai demandé à Clément, mon frère-ami-binôme-acolyte d'enfance de m'en désigner un.

Je savais que ça prendrait une valeur symbolique et que je n'allais pas risquer de changer d'avis ou de tomber en désamour passés quelques jours/mois/années.

 

On en arrive enfin au moment fatidique que j'ai fait tarder à coups de digressions et de paragraphes stratégiquement découpés : l'origine de mon nom de scène.

Eh bien c'est simple, Clément s'est souvenu de la période où j'officiais sous le pseudonyme "Meskain" et, après s'être débarrassé du I et du N, l'anagramme "Askem" est né.

J'ai tout de suite aimé l'impact qu'avait ce nom de scène mais il manquait quelque chose pour que je me l'approprie réellement. C'est alors que j'ai pris le parti de rajouter cette apostrophe et cette majuscule qui piègent tant de personnes parmi vous. Et j'y tiens, vous savez. Cette apostrophe et ce E majuscule ne sont pas que des éléments de déco, un vulgaire gimmick ou des lettres "chiantes à taper", non. C'est une façon de me rappeler d'où vient ce nom. Une sorte d'hommage rendu à ce moment où deux amis ont donné naissance à cet alias qui représente aujourd'hui bien plus qu'un nom de scène à mes yeux. Clément, si tu me lis, merci. Tu ne peux pas savoir ce que ça fait d'entendre toute une foule scander "Ask'Em". Plutôt que de ressentir une réjouissance narcissique, ça me procure une joie d'enfant heureux de se rappeler cette anecdote et de la retranscrire ici.

Sachez que lorsque j'arbore un sourire béat en entendant ce nom, c'est à tout ça que je pense.

 

Voilà donc les origines de mon nom, de mon alter ego, de ma fibre artistique, si je puis dire, de mon moi extraverti qui sautille sur scène, micro à la main.

Si vous avez tenu jusqu'à cette conclusion sans sauter de paragraphes, chapeau.

Si vous êtes directement passés à la conclusion, bonnet (c'est la version non flatteuse de "chapeau").

Si vous avez abandonné en cours de route, vous ne lisez certainement pas cette phrase alors... j'sais pas... calvitie ?

 

Fin de mon premier article.

Pour les prochains, je songerai à faire des versions plus courtes, des best of (avec toutes les fautes d'orthographe et blagues pas drôles présentes à l'origine), des versions censurées (avec des insultes plus violentes que "bonnet"), des commentaires audio et j'en passe.

 

A la prochaine insomnie ! 

 

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