Bonjour, "FAREWELL"

July 21, 2016

 

C'est l'heure du quiz ! Première question : qui dit album dit...

-Chansons ?

-Musique ?

-CD ?

-FNAC ?

-Vinyle ?

-Photo ?

 

Ouais, bon, fin de la minute Roue de la fortune express, cessons la digression et revenons-en au fait. Qui dit album dit, à un moment ou à un autre, titre d'album.

J'ai d'abord annoncé le titre de l'album sous la forme "FRWL". Pour maintenir le suspense ? Peut-être ou alors par superstition, allez savoir. Disons que c'était par suspenstition parce que ça sonne beaucoup mieux que "superstitiense" et parce que... Qu'est-ce qu'on avait dit sur les digressions déjà ? On arrête ? Alors arrêtons. Hum.

 

J'ai fini par lever le semblant de voile qui drapait le nom de cet album que je prépare ardemment quand soudain, une pluie de questions se sont abattues : "pourquoi Farewell ?", "pourquoi le titre est en anglais ?", "est-ce que c'est pour le marketing ?", "t'as pensé à un titre français ?".

(En réalité, on m'a simplement dit : "ah, c'est en anglais, c'est cool" mais si j'en étais resté là, cet article n'aurait pas lieu d'être et je n'aurais rien eu à faire si ce n'est continuer à écouter "Love on the Brain" de Rihanna en boucle jusqu'à l'agonie).


L'étape du choix d'un titre pour un album, une photo, une peinture, un livre, un poème et j'en passe est très significative selon moi.

Le titre dit beaucoup sur le sujet sans forcément spoiler le spectateur. Il dit aussi beaucoup sur l'auteur lui-même, sa façon d'aborder son oeuvre, son ressenti voire les partis pris au moment de créer.

 

Le titre, en musique, a la même fonction

que la quatrième de couverture pour un livre,

(la carte en restauration ?)

le synopsis au cinéma

ou le pitch... chez les gâteaux

(Alexandre Astier, cette blague t'appartient, tu as tout mon respect).

 

Pour ma part, plusieurs titres ont germé dans mon esprit sans jamais y trouver grâce.

-Plusieurs ? Vraiment ?

 Oui, plusieurs parce qu'un titre évolue en même temps que l'objet et l'auteur.

(Ca paraît logique, sinon on aurait tous gardé les mêmes pseudos qu'à l'époque du collège, lorsqu'on se croyait tous hype sur MSN et ça, ça aurait été terrible pour l'humanité).

 

De nombreux titres se sont succédés, donc, mais aucun n'est resté. Il n'y a pas eu de véritable réflexion poussée ni de table ronde pour décider d'un titre mais souvent un mot [toujours un seul et unique mot, d'ailleurs] me venait, je le gardais en tête un certain temps puis il se voyait chassé par une nouvelle idée qui, à son tour, menait sa vie éphémère au fur et à mesure que j'avançais dans l'écriture de l'album.

 

Et un jour, alors que je lisais un chapitre du manga Bleach* (en anglais), je suis tombé sur cette phrase qui m'a tout de suite marqué :

"Farewell. Forget about me. Because I know that no matter how many ways I'd try and say goodbye, you'd remember us anyway".

Je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais à ce moment, j'ai été comme charmé par ce mot "farewell" et par ce qu'il dégageait. Il y a une sorte de poésie dans ce mot. Une poésie que je suis peut-être le seul à déceler puisque chaque mot porte son lot de subjectivité qui se nourrit de nos expériences et de notre rapport au monde, mais dès lors que mes yeux ont lu ces huit lettres (je viens de compter sur mes doigts, mais on s'en fiche), j'ai su qu'il venait de résonner en moi d'une façon distincte.

Pour tout vous dire, je ne m'étais pas dit d'emblée que j'allais en faire le titre de mon album. Ca s'est passé quelques jours plus tard alors que je travaillais sur des morceaux en compagnie de mon batteur. On discutait de la vie de l'album, de son hypothétique avenir et quand la question : "t'as pensé à un titre, déjà ?" est tombée, j'ai répondu sans hésiter une seconde : "oui, Farewell. Il s'appellera Farewell".

 

C'est comme ça qu'est né ce choix qui s'est pour ainsi dire imposé à moi.

Et j'aime me rappeler de cette anecdote car quand j'ai lu ce mot, "farewell", j'étais si immédiatement conquis que le sens m'a échappé. C'est difficile à expliquer mais ces deux syllabes ont provoqué quelque chose de tellement inattendu que tout ce qui me venait à l'esprit c'était : "j'espère que ça veut pas dire un truc tout nul ou plat comme 'asperge', sinon j'aurais l'air bête". Bien sûr, j'exagère mais on se rapproche d'une certaine réalité. Et lorsque j'ai fini par comprendre que ce mot signifie "adieu", il m'a davantage plu.

Bizarre ? Eh bien pas tant que ça puisque si l'album aborde beaucoup ce vaste thème éculé qu'est l'amour, il parle aussi d'adieu et c'est en ça que ce titre convient parfaitement.

 

Farewell est donc un choix du cœur avant tout. Spontané, impulsif, direct, irréfléchi et assumé.

 

Et puis, je me plais à penser que c'est une façon ironique de se présenter au plus grand nombre, vous n'trouvez pas ?

Dire bonjour en musique grâce à un "adieu", ça a son charme, à mes yeux.

Je serais le genre de peintre qui recouvrirait une toile vierge de rose fluo et qui intitulerait son tableau "Noir". Voilà le genre de personne que je suis.

C'est peut-être pour ça que les morceaux "Shinin'", "Hope" et "Amani" qui feront partie de cet album ne sont pas forcément fidèles à leur appellation. Peut-être.

 

Voilà tout. Cet album aurait pu avoir un tout autre nom mais il s'appelle d'ores et déjà "Farewell". J'espère qu'il vous plaira.

 

*Pour la petite histoire, je ne lis que peu de mangas. "Bleach" est celui que je lis avec le plus d'assiduité mais dans ma shortlist figurent (sans ordre particulier) : "Deathnote" (classique parmi les classiques), "Attack on Titans" (l'animé est à couper littéralement le souffle), "Fullmetal Alchimist", "Monster", "Shaman King" (à une époque), "20th Century Boys" (sera le prochain que je lirai lorsque Bleach s'arrêtera) et... c'est à peu près tout.

Yep, j'ai échappé à "Naruto" et "One Piece" tout comme j'ai échappé à la série "Game of Thrones" mais je le vis très bien, croyez-moi.

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