"FRWL", c'est l'histoire de...

August 18, 2016

Ça fait déjà plus d’un an que je prépare l'album "Farewell" et très peu de personnes ont eu le loisir d'écouter réellement les morceaux tels qu'ils sont aujourd'hui.

Des inédits ont été proposés en concerts, des écoutes furtives ont eu lieu, des extraits ont été dévoilés, mais peu de gens ont écouté l'album (du moins la maquette) dans son entier pour se faire une idée de ce à quoi il pourrait ressembler, une fois finalisé.

 

A travers cet article, je vais essayer de vous décrire l'univers qui s'en dégagera parce que moi aussi, j'ai hâte d'arriver au bout de cette balade musicale et de confronter ma vision de l'album avec la vôtre quand vous l'aurez écouté.

 

Place aux informations pratiques et aux confidences, « Farewell » vu par Ask’Em, c’est par ici ! Commençons par le commencement : l’album devrait compter 11 titres, tous sélectionnés pour une raison particulière (heureusement, me direz-vous) et faisant écho au titre choisi pour ce projet.

 

« Farewell », c’est l’histoire de héros communs dont le destin se lie à celui de semblables qui essayent coûte que coûte de s'extirper du banal pour espérer un jour devenir hors du commun.

Ah bon, rien que ça ?

Pompeuse au premier abord, cette description n’en est pas moins avérée. C’est en tout cas ce que je cherchais à faire valoir en écrivant cet album.

Chaque titre est une histoire d’amour.

Amour passionnel, amour de l’autre

Ou quête de l’amour de soi.

Amour du monde ou amour destructeur.

 

J’ai décliné ce thème autant que possible pour rendre cet album cohérent, compréhensible et surtout touchant. Très tôt, j’ai déclaré à qui voulais l’entendre que je faisais « du rap de sentiments » puis, les années passant, j’ai élargi mon champ de vision et j’ai tout simplement dit que je faisais de la musique de sentiments. Ni plus ni moins. Je ne voulais plus me cantonner à un style de musique et d’ailleurs, ça m’amuse de voir les gens débattre entre eux quand il s’agit de savoir si je fais du rap ou du slam. Il faudrait que je pense à filmer un de ces moments un jour. Mais là n’est pas le propos.

 

Dans cet album, j’ai fait mon possible pour y mettre tout ce que je considérais savoir faire et, au-dessus de tout ça, j’ai pris quelques risques. J’ai osé chantonner fébrilement, je me suis essayé à des styles nouveaux, j’y parle de moi et j’ai dépoussiéré les statu quo qui existaient pour certains morceaux en vue de les amener ailleurs (grâce notamment au concert de l’équipe qui me suit dans cette aventure et qui a su insuffler un vent d’air frais à certains titres).

 

 

Certains morceaux me suivent depuis un bout de temps déjà. C’est grâce à eux que j’ai pu monter sur scène et c’est aussi grâce à eux que j’en suis venu à faire des rencontres exceptionnelles tant sur le plan professionnel que personnel. On dit souvent que la musique est un milieu rempli de personnes mal intentionnées et intéressées, c’est sûrement vrai, mais j’ai la chance de croiser la route de belles âmes en grande majorité. Ça fait du bien.

Certains de ces morceaux qui ont débuté avec moi trouvent leur place dans cet album. Rien de plus normal, mais aucun d’entre eux n’est resté le même.

C’est déroutant au début de se dire qu’un titre créé dans l’intimité de sa chambre avec un stylo et une feuille pour seul attirail et les moyens du bord pour la mise en musique peut changer à ce point. C’est ce qui s’est passé très récemment avec « Shinin’ ». C’est peut-être le titre que j’ai le plus fait en concert et lorsque sont nées la nouvelle mélodie, les voix additionnelles, le nouveau tempo et l’atmosphère neuve qui s’est créée d’elle-même, j’ai eu du mal. Trop imprégné de mon parcours solo, il m’a fallu mettre de côté cet aspect pour mieux embrasser le fait qu’aujourd’hui, des enjeux inédits se mettent en place.

 

Accompagnés de mes musiciens, on a donc revu les standards, mes standards et on a poursuivi notre route jusqu’aux morceaux inédits.

Et là, c’était le saut dans l’inconnu. Moi qui pensais que j’allais faire un premier album composé uniquement de titres « anciens » revus au goût du jour, je me suis vite rendu à l’évidence : ces allers-retours en studio et cette émulation musicale allaient me donner l’inspiration suffisante pour écrire encore plus de choses. Trop de choses, même, peut-être, car il a fallu ensuite faire des choix.

Mais les nouveaux morceaux, je les chéris autant voire plus que mes premières créations.

L’âge a joué son rôle

En termes de maturité d’écriture.

J’ai appris à en dire moins pour dire mieux.

J’ai appris à laisser du vide,

A céder ma place aussi parfois.

J’ai appris à écrire en partant d’une mélodie,

A délaisser quelque peu l’aspect technique

Pour me concentrer sur le fond.

 

Parce que c’est ce qui compte : le fond. Je me rappelle de cette époque où je voulais en mettre le plus possible tout le temps. Il fallait que les gens le voient, il fallait qu’ils sachent que j’étais capable de. Que je pouvais faire. Que je savais faire. J’étais dans la démonstration au point d’en négliger le sens de ce que j’essayais de raconter.

Et c’est en écrivant « Eclipse » que j’ai compris que je faisais fausse route et qu’il fallait que je comprenne ce que je souhaitais raconter. C’est à partir de là que je me suis dit que ce que je cherchais à attraper avant tout et à transmettre aux gens, c’était le sentiment, quel qu’il soit. Celui qui gêne, qui bouscule, qui transporte, qui émeut, qui plombe, qui détruit, qui façonne, qui crève ou renaît, qui brûle ou noie ; le vrai sentiment, celui que tout le monde ressent, subit, provoque ou recherche vainement ou pas. Le sentiment commun, connu de tous et pourtant difficile à expliquer, c’est celui qui anime ma plume. Ces moments où l’ineffable et l’indicible se marient pour accoucher d’une chimère tout aussi indescriptible, hors de portée mais pourtant si présent.

 

C’est pour cette raison que je parlais de héros banals, plus haut. Car ces héros que je décline dans chacun de mes titres, c’est vous, moi, l’autre. Nous.

Parfois, le moi prend le dessus parce qu’il faut être un peu narcissique, je crois, pour écrire des chansons qu’on souhaite faire reprendre à toute une foule d’inconnus, mais lorsque ce n’est pas le cas et que des histoires viennent à moi comme dans « LCLF », « Amani », « B&J » ou « Dora », je me surprends à penser que je peux aussi être ambassadeur d’une émotion qui ne m’appartient pas.

 

Etre auteur-interprète n’est pas si éloigné que ça du métier d’acteur, c’est ce que je crois.

« Farewell » est comme une grande pièce dans laquelle une multitude de personnages prennent place, y entrent et en sortent par différentes portes mais ne regardent que par une seule fenêtre, celle de mes yeux.

 

A travers ces onze pistes,

J’évoque mes sentiments, les vôtres,

Les faiblesses, les erreurs, les combats,

Les rencontres et les ruptures,

Les genoux à terre, les mentons levés au ciel,

Les yeux vides et ceux brûlant d’un feu impossible à étouffer.

 

« Farewell » parle d’amour et de son absence.

Un itinéraire de onze escales raconté par un illustre quidam qui, par un heureux concours de circonstances, s'est vu doté d'une voix, d'une feuille, d'un stylo et d'un micro et qui s'en sert car il se veut chanteur.

 

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