Avant "Farewell"...

Parce qu'avant "Farewell", il y a moi, il y a Nous (surtout), je me suis mis en tête de revenir sur certains points concernant ma philosophie musicale. Trop pris dans ma bulle artistique, je n'ai pas eu le loisir de me créer une fan base remplie de milliers (millions ?) de personnes trépignant d'impatience à la seule idée que je sois sur le point de sortir quelque chose de vaguement musical. C'est malheureux ? Oui, parfois ça l'est, mais pas toujours.


Confiné confortablement dans mon cocon

comme dans du coton, j'ai préféré favoriser la musique,

sa magie faite d'onguents mystiques, son mystère aussi,

plutôt que de tout dévoiler dans la seconde.


"Égoïstement", j'ai privilégié mon ressenti avant de vous partager quoi que ce soit. Je me suis nourri de tout ce qui m'arrivait de bon, j'ai analysé minutieusement puis digéré chaque information avant de vous en faire part. Je suis fier, en pensant à cet album qui s'apprête à voir le jour, de me dire que toutes les âmes qui ont pris part à ce projet sont aussi belles les unes que les autres. Je n'exagère rien, je n'enjolive rien mais je le souligne, car c'est une chance rare dont je me réjouis à chaque fois que j'y pense. Tous ceux qui ont écouté cet album avant l'heure, tous ceux qui l'ont façonné avec moi, tous ceux qui ont apporté un peu d'eux dans son élaboration, tous ceux qui ont rendu possible son existence ont une lumière au fond d'eux, bien visible et rayonnante à n'en plus finir.


Vous êtes éblouissants, ne l'oubliez pas.

Jamais.


Je n'ai pas peur de dire qu'il n'y a aucune fausse note dans cet album. Et par "fausse note", je veux parler de ces calculs qu'on peut faire et des stratégies auxquelles on peut penser au lieu de s'engouffrer, tête la première, dans le vide tellement plein de la création. Non, il n'y a pas de fausse note, juste du vrai, du cru, du réel, du véridique, de l'imparfait naturel, du spontané flexible, du moins propre, de l'aride, du rugueux et de l'irrégularité dans la rigueur. Mais il y a du doux aussi, rassurez-vous. On a du sucré pas trop mielleux pour les guimauves que vous êtes et que nous sommes aussi parfois, parce qu'il en faut toujours une once pour mieux apprécier la vaste étendue d'un sentiment. On a tous nos exigences, cela va de soi. Il nous fallait avoir la meilleure ligne de basse qui puisse exister, les meilleurs accords au clavier, la meilleure tonalité, les meilleurs roulements de batterie, les meilleurs textes aussi. Il nous fallait tout : la meilleure interprétation, le plus beau rendu, le son le plus classe qui soit, les photos les plus immersives, et j'en passe.

Et lorsqu'on visualise clairement le chemin que l'on va emprunter, on se fiche royalement des graviers, de la poussière et de la boue.


Si un torrent de pluie vient à notre rencontre,

soit, qu'il pleuve !

Une tornade ? Qu'il vente !

Une blanche avalanche venue nous terrasser ?

Qu'il... Bref, vous voyez où je veux en venir.


Alice (claviers/chant), Marc (basse) [#Markbass], Mozen (batterie/composition) et moi, savions ce que nous voulions avant même d'entrer en studio.

On respirait l'album avant de l'avoir véritablement conçu, comme ça, presque malgré nous. Je répète souvent que peu importe l'avenir de cet album, tout ce que je souhaite, c'est de pouvoir y revenir dans plusieurs années et me dire : "tu as fait ce qu'il fallait". Pas de façon pompeuse ou vaine, loin de là. J'aimerais me dire que j'ai saisi l'opportunité de faire un album et que je n'ai rien travesti dans le but de générer un quelconque retour intéressé ou un buzz éphémère. Car il n'y a rien de commun dans le fait de sortir un album. C'est même complètement inédit. C'est une chance que je mesure pleinement, alors si d'aventure mon "Farewell" venait à ne pas trouver d'estime aux yeux du "grand public", tout ce que je souhaite, c'est que dans une autre vie, je saurai me rappeler que toutes les chansons qui composent cet album ont été pensées et réalisées de façon authentique, honnête et saine. Aujourd'hui, on vous présente les morceaux petit à petit et à chaque fois, je consomme vos retours. Je m'en délecte, je les scrute, les survole, je tâche de vous rendre audibles lorsque vous me les écrivez, je tâche tant bien que mal de faire la sourde oreille lorsque je parviens finalement à les entendre et je prends littéralement des notes lorsque vos retours s'avèrent être des critiques fondées. Ce que je voulais dire avant de sauter de paragraphe en paragraphe tel un Mario venant à l'aide d'une Peach Princess en détresse, c'est que j'ai appris à faire fi des millions d'éloges, des chiffres, des vues [ah, ces fameuses vues tant de fois sacralisées et élevées au rang d'oracle du succès], des statistiques et des courbes que crée la tendance. Je ne suis pas de ceux qui gèrent la calculatrice à merveille, je suis de ces personnes qui font de la musique et qui espèrent que...


Si trois auditeurs seulement me prêtent leur attention,

l'un d'eux au moins en sortira grandi.


Cet album possédera ses douces failles et trouvera aussi son éclat dans sa fébrilité lorsqu'elle se fera flagrante. Il y aura de tout, soyez-en sûrs, mais surtout du cœur. D'ailleurs, si vous tendez l'oreille, vous entendrez des cœurs battants de concert. Approchez, écoutez. Chut, écoutez. Là, vous entendez ? Moi, je les entends. Fermez les yeux et voyez ; ouvrez vos cœurs et entendez. Tiens, ça pourrait être une devise à inscrire dans l'album, quelque part, en caractères minuscules. Non, je m'égare.

Je vous ai délivré Le Cœur et La Flèche d'abord, 6 Mai ensuite. Ces deux morceaux portent "Farewell" et ont en commun l'Amour mais décliné de façon différente.


L'album conjuguera l'amour, le désamour,

le mal-amour, l'anamour, l'anti-amour,

le sur ou sous-amour et autres néologismes.


Nos cœurs ont battu comme une armée sans peur avec la musique pour seule armure. C'est ainsi qu'on a créé. Descendez donc de vos grands chevaux. Jetez-moi ces lances, ces heaumes et ces cuirasses. A quoi vous serviraient-ils dans mon monde ? Lâchez prise ! Lâchez. Nul besoin de ces épées et de ces catapultes. Rangez vos canons, vos cottes de maille, on a mieux : on a des notes, nous.


Des notes et des mots, voilà ce que nous avons.

Ce sont nos boucliers,

les seuls écus dont on veut bien se parer.


Mon "Farewell" ne sortira pas pour la gloire, mais ce sera une gloire sans nom que de le sortir, alors il sera. Il sera comme nous parce que fait par nous et nous en serons fiers. Ô que oui, vous n'imaginez même pas à quel point. Mais on a quand même besoin de vous, vous savez ? Soyez notre écho et faites résonner notre musique aussi loin que vous pouvez. C'est là que nous puisons notre force : en chacun de vous. Ask'Em