Ce qu'il nous reste

June 27, 2017

Les oreilles les plus aguerries l'ont remarqué : lors de mon concert à Chamarande, j'ai interprété un texte tout à fait inédit. 
Appris à la hâte sous la douche, il faisait office à la fois d'interlude et d'outro au morceau Ben&Jenny présent sur mon album Farewell. Une sorte de pause musicale, de respiration ou de communion avec le public. Voire le résultat de ce triplé imprévu, c'est selon. 

 

 Ask'Em par Olivier Perrin


C'était aussi une modeste réflexion sur le temps qui passe, la jeunesse évanouie derrière la maturité assommante qu'implique le défilement des âges. Implacable renoncement. Stop. Reformulation. Éternel recommencement. Bis repetita. Clin d'œil appuyé. 

Je l'ai appelé "Ce qu'il nous reste"

(ou CQNR pour les plus pressés d'entre vous).

Si vous avez eu vent de l'épique concept album de Grand Corps Malade ("Il nous restera ça"), vous avez compris où je voulais en venir. Mais laissez-moi tout de même vous en rappeler la promesse : 12 artistes et un groupe issus d'univers sensiblement différents [Lino, Luciole, Ben Mazué, Renaud, Fred Pellerin, Véronique Sanson, LEJ, Richard Bohringer, pour ne citer qu'eux] bien qu'intrinsèquement liés par ce féminin capital que l'on nomme la Lettre, réunis autour d'un seul, unique et vaste énoncé : "Il nous restera ça". Carte blanche. Prêts ? C'est à vous. 

 

Ask'Em par Olivier Perrin


Ce texte est un acte manqué, un "Voilà ce que j'aurais fait si j'avais eu la chance d'être de cette aventure", un hommage et un exercice de style ; vain pour certains, intéressant peut-être-je-l'espère-un-peu-quand-même pour d'autres. 
Ce texte était aussi l'occasion de vous donner quelque chose de nouveau parce que je n'oublie pas que vous vous déplacez pour nous voir jouer. Grand luxe. Je ne le mesure que trop (peu parfois). 
Ce texte, je l'ai voulu nu. Dépossédé de tout tissu, il n'avait que vos respirations et votre attention pour l'habiller. 

Juste vous et moi. Une voix, la mienne, et des yeux qui écoutent,

les vôtres, pour seuls apparats. 


C'est par une question que j'ai amorcé ma pensée.
Je dois vous l'avouer, Ben et sa compagne n'étaient qu'un prétexte pour brusquer ma capricieuse inspiration, pourtant, j'ai aimé broder ce tricot de rimes et vous le présenter sur scène pour la toute première fois. Si j'ai été malhabile ou fébrile en vous l'offrant... Eh bien, c'est tant mieux. 


Les courbes sont souvent beaucoup plus belles à contempler

que les trop strictes lignes.


J'ai hésité à vous le délivrer une nouvelle fois dans le paragraphe suivant. Est-il encore pertinent aujourd'hui ? Vous a-t-il seulement plu ? A-t-il toujours sa raison d'être une fois arraché à l'excitation de la scène ? C'est à vous de répondre.

D'ailleurs, si vous le désirez, je vous publierai le texte dans son entier.

En attendant, je choisis de vous en (re)dévoiler les premières lignes car, en toute honnêteté, je ne sais pas vraiment comment conclure cet article. 

Que nous restera-t-il de cette enfance heureuse, 
Des beaux jours, de tous nos jouets, 
De nos belles joues, 
De nous, bouts de chou, 
Et de nos fesses roses ? 
Dis-moi, qu'en sera-t-il ?
Que restera-t-il de nos "On n'fera qu'un", 
Qui survivra à nos pertes et fracas ? 
Que restera-t-il de nous ? 
Quand mes poèmes auront cessé d'me guérir

Et que ma plume...

 Ask'Em par Leslie Cavarroc

 

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